
J’ai commencé ma “vie” sur le web en 98. Avec mon premier ordinateur à moi et son modem 56k. Déjà j’y passais du temps et j’ai donné naissance à ma première page perso un an plus tard. Une page blindée de gif animés, une mise en page simpliste et des frames. Merci Netscape Composer dans lesquelles je codais en html brut. On peut dire que ça m’a forgé. Une autre année s’est écoulée et le crash du NASDAQ a déroulé son rouleau compresseur sur une économie que je trouvais complètement délirante par manque d’implication et un soupçon de sagesse. Ce deuxième point est moins sûr puisque ce n’est que quelques mois plus tard que j’ai intégré l’équipe de PDAfrance pour y effectuer un stage de 6 mois. L’objectif était de créer une section b2b pour le site et de jouer le rôle de rédacteur pour parler du business des produits et solutions mobiles. J’avais également pour mission de créer un modèle économique pour cette section particulière du site. Au moment de commercialiser l’offre ainsi créée auprès d’acteurs comme Atos Origin ou Extend Systems, j’ai commencé à comprendre les dégâts de la dévalorisation du web. Même dans ces grosses entreprises high-tech, la toile n’était plus en odeur de sainteté.
Mon stage se termine. J’en fini avec ma MSG à Paris 1 avec une année en Allemagne – WHU – puis je reprends contact avec l’équipe de PDAfrance. Mais je ne retourne pas sur le web tout de suite. Ou plutôt pas du côté rédaction, mais dans la force obscure : le webdesign.
C’est à ce moment-là que je tombe pour la première fois sur un… blog. C’est sous la forme d’une nouvelle section du site communautaire Spymac – oui, je suis un mac addict – que ce terme apparaît pour la première fois sur mon écran. Je commence alors mes premiers écrits à l’aide d’une interface 100% tournée vers la création de contenu éditorial.
On est alors en 2003. le terme web 2.0 n’est pas encore inventé par Tim O’Reilly et pourtant, tous les ingrédients sont déjà là, devant moi. Avec le recul de quelques années, je me rends compte de la puissance de Spymac : partage de photos, services en ligne – messagerie, disque de backup distant, synchronisation et partage des calendriers -, forum, espace personnel et… blog. Les faq sont localisés par les membres de la communautés. La ligne éditoriale est en partie rédigée par des membres “méritants”. D’accord, d’un point de vue technique, la standardisation n’était peut être pas au rendez-vous, mais d’un point de vue services et dimension participative / collaborative, y avait de quoi faire !
De ce premier blog simpliste, je basculerai sur un blog Movable Type à la suite d’un accord passé entre Six Apart et PDAfrance qui vise à fournir un blog aux membres de la PDAteam, dont je faisais parti. C’est à ce moment-là que la blogosphère française commence à pointer le bout de son nez. Loïc Lemeur fait de l’évangélisation à tour de bras et la technobiosphère naît le 27 décembre 2004. Après de multiple mutation et un passage sous Wordpress, le blog de la technobiosphère existe toujours et soufflera en fin d’année sa 4ème bougie.
C’est en 2005 que PDAfrance me charge de créer un blog high-tech / tendance / street culture pour surfer sur cette nouvelle vague. w3sh.com verra le jour au cours du mois de mars. Pour le coup, blogger n’est plus un jeu. J’y consacre plus de 16 heures par jour, les news s’enchaînent les unes après les autres, les visiteurs affluent et les agences de RP commencent à s’intéresser aux blogs. On se contente alors d’un DVD, d’un lecteurs MP3 ou d’une invitation en échange d’articles. La publicité au CPM rapporte encore trop peu pour espérer en vivre.
Je quitterai w3sh un an plus tard pour diverses raisons et je continue mon blog à moi (technobiosphère). Le site coréen aving.net s’intéresse alors à mes idées sur le web et je leur donnerai la recette qu’ils ont appliquée pour se développer à l’international (voir l’interview sur aving.net ici).
La technobiosphere intéresse la régie publicitaire Adrider qui voit en la blogosphère un vrai potentiel publicitaire. Tout se rémunère encore au CPM. Les appels à factures de quelques dizaines d’euros frustre le blogger que je suis et je songe à des méthodes qui permettraient aux bloggers méritant, qui s’attachent à faire un travail rédactionnel de qualité d’en tirer une compensation financière à la hauteur des efforts fournis. Après 6 mois d’intense réflexion sur la pub et les blogs, sur des modèles économiques alternatifs, je propose un concept particulier à ma régie. J’informe Adrider de mes conclusions et on me propose alors de les mettre en pratique. Blogrider est né avec un nouveau modèle publicitaire spécifique à la blogosphère.
On est alors en octobre 2006.