Quand on fait de la photo, à tort ou à raison, avec plus ou moins de talent, il y a de vrais moments de bonheur. Comme, par exemple, quand le cadrage est parfait. Ce qui était d’autant plus juste à l’époque de l’argentique tant l’investissement et la patience était de mise. Mais dans un domaine plus matérialiste, et pour en revenir aux vrais moments de bonheur, lorsque Canon nous a proposé, à JLB et à moi de passer une dizaine de jours avec un EOS 50D chacun plus des objectifs qui le font bien, vous pouvez me croire, il s’agit également d’un moment qu’on oublie pas facilement tant on peut être honoré par cette faveur. Oh, bien sûr, les photographes professionnels et autres journalistes techniques me trouveront trop enjoué, mais, pour moi, simple amateur, c’est agréable et je tiens, tout naturellement, à remercier Canon pour ces prêts.
En voici mes impressions.

D’un point de vue form factor, je ne perçois aucune différence entre le 50D et le 40D. Les 2 boîtiers semblent parfaitement similaires. Il faudra allumer l’appareil pour découvrir les premiers changements. Par contre, comparé au 400D ou au 450D, la différence de gamme est bien présente. Plus gros, plus lourd, plus massif, l’appareil fait moins “bridge” ou jouet et est plus agréable à manier à mon avis. Quelques heures de prises en main seront nécessaires pour retrouver les automatismes de réglages sans avoir à vérifier où se trouvent les commandes. Mais quoi de plus normal, finalement, lorsqu’on change d’appareil ?

En allumant le 50D, les premières différences par rapport au 40D apparaissent. Mais je laisserai JLB vous évoquer ce point car il connaît beaucoup mieux ce dernier que moi. Tout ravi que je suis d’avoir un téléobjectif professionnel entre les mains, je ne peux m’empêcher de monter le Canon EF 70-200mm f/2.8L IS USM sur le 50D. L’ensemble est très lourd et je comprends tout naturellement pourquoi il est quasiment indispensable d’utiliser un monopod. L’objectif propose 2 modes de stabilisateur, l’un pour le photos statiques, l’autre pour les photos de suivis (par exemple pour photographier une voiture depuis le bord de piste). On trouve également un sélecteur de mise au point minimum qui permet de raccourcir la course de la bague de retouche du point pour une plus grande réactivité. Lors de la prise de vue, on ne peut passer à côté du bruit singulier du moteur du stabilisateur. Ce dernier étant d’ailleurs très efficace. Je peux vous assurer qu’avec boîtier + objectif en même, on se met à trembler très vite tant l’ensemble est lourd. D’ailleurs, pour l’anecdote, après une journée d’utilisation, mon poignet s’en est souvenu pendant les 48 heures qui ont suivi.
Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas d’un objectif passe-partout. Mais ce n’est pas ce qu’on lui demande non plus. Ce qu’on attend de lui c’est une ouverture importante et constante, ainsi qu’un très bon piqué. Et tout ça est au rendez-vous. A moi les bokeh vengeurs, les prises de vues à grande vitesse même en situation de lumière délicate. Je regrette seulement de ne pas avoir pu tester cet objectif dans les conditions que je lui réserverais si je me portais acquéreur : la photo animalière.
A titre de comparaison, j’utilise un “petit” TAMRON AF 55-200 mm f/4-5.6 Di II LD Macro et un Canon 70-300 mm sur la même plage focale et je peux vous dire que c’est le jour et la nuit.

Canon EOS 50D + Canon EF 70-200mm f/2.8L IS USM, 1/400s, f:4,5, 100ISO, 195mm
Pour en revenir à l’EOS 50D, puisqu’il s’agit quand même du point central de ce test, c’est en regardant les premiers clichés sur l’écran du boîtier que les premières exclamations fusent. Les prises de vues semblent magnifiques. L’image est plus précise, les couleurs plus éclatantes. La raison est simple : la résolution de l’écran, nettement supérieure au 40D (pour la même taille) et au 400D. Le 50D peut se targuer d’avoir un véritable écran de contrôle. C’est à dire qui donne une idée réelle de son cliché. Permettant de vérifier la netteté, l’exposition et les couleurs de la photo. Il était tant que ce type d’écran équipe les reflex numérique.
Je ne vous parlerai pas du Live View, fonction qui permet de prendre des photos via l’écran (et non par le viseur) comme on le fait avec un bridge ou un compact numérique, car je ne vois pas l’intérêt de cette fonction. L’EOS 50D est dépourvu de la vidéo. Fonction qui équipe le EOS 5D mark II et le tout récent EOS 500D. Je ne suis pas adepte de la vidéo (et pas doué) et je me contente de mon xacti HD pour mes vidéos de famille. Cette absence ne sera donc absolument pas un frein en ce qui me concerne.

Canon EOS 50D + Canon EF 24mm F/1.4L II USM, 1/100s, f:1,4, 200ISO, 24mm
JLB a eu la très bonne idée de réclamer un grand angle à focale fixe : le Canon EF 24mm F/1.4L II USM. Assez imposant du fait de sa grande ouverture, il n’y a rien à dire sur sa qualité car “parfait” est le seul mot qui me vient en tête lorsque je pense à mon expérience avec cet objectif.
Après, il doit correspondre à l’usage que l’on a de la photographie. Je dois dire que, compte tenu du fait que je ne risque pas d’investir dans un full frame prochainement (à partir du 5D mark II), je préférerais un objectif un peu moins grand angle, comme par exemple un 35mm qui avec le rapport de 1,6 me rapprocherait d’un 50mm en 24×36.

La photographie, c’est comme beaucoup de chose, il est difficile de rompre l’homogénéité de l’ensemble sans en voir se détériorer l’optimisation. Je veux dire par là que le Canon EF 24mm F/1.4L II USM sera bien mieux employé avec boîtier EOS 5D mark II.
Pour ma part, en dehors des 2 objectifs cités, j’ai utilisé un CANON EF 50 mm f/1.8 II et un TAMRON SP 17-50 mm f/2.8 XR Di II LD ASL [IF] qui m’ont semblé composer un ensemble pertinent. Comme mentionné précédemment, un équivalent 50mm en 24×36 et un bon téléobjectif viendraient compléter à merveille mon package photographique.

Pour conclure sur le Canon EOS 50D, je dois dire, et sans hypocrisie aucune, qu’il m’a conquis. Ma compagne également ne voulait plus le lâcher. Il va donc venir enrichir notre fourre-tout très prochainement, reléguant ainsi le 400D au rôle de (très honorable) second boîtier.