
Si vous lisez ce blog régulièrement, vous devez savoir que je suis à la recherche de la perle rare : un appareil photo compact qui me contenterait pleinement. Et je peux vous assurer que ce n’est pas gagné. Ayant des besoins un peu particuliers en matière de photo, il me faut un compact discret (je suis un timide de la prise de vue), pratique (je veux le trimballer en permanence), débrayable (80% de mes photos sont prises en mode priorité ouverture), de bonne qualité dans les hautes sensibilités (j’officie souvent en intérieur et je n’utilise quasiment jamais le flash, voire jamais jamais, en fait je déteste le flash) et offrant un mode tout automatique magique (qui “fait des belles photos” sans que j’aie à réfléchir à quoi que ce soit), le tout sans que ça me coûte un bras (déménagement + bébé, ça laisse peu de loisirs en termes de dépenses).
Utilisant couramment un reflex Canon, je me suis tourné vers des compacts dits “experts” dans mon budget : le Canon G10 (lire le test), remplacé depuis par le G11, et le Lumix LX3 (lire le test) conseillé par Laurent, fan de Leica devant l’éternel. Mais le premier s’est avéré définitivement beaucoup trop gros et trop lourd (le Hummer du compact). Il restait le Lumix dont le zoom est un peu court, mais, ça, c’est pas trop grave.
La rentrée de septembre dernier a vu son lot d’annonces avec le G11 (disqualifié d’office pour les mêmes raisons que le G10) et le S90 qui tarde à arriver. Du côté de Lumix, le ZX1 aurait pu rentrer en course en termes de gabarit et de qualité (le choix du rédacteur fictif de ce blog, JLB), mais l’absence de mode manuel le laisse sur le bord de la route. Seul le Lumix LX3 semblait rester en lice. Mais son prix élevé, le manque de polyvalence du zoom pour un encombrement relativement important, pour un compact “à mettre dans une poche”, me faisait hésiter. Fallait-il me résoudre à ne pas trouver mon bonheur ?
Voilà qu’un matin, je lorgne sur l’achat d’occasion d’un Fujifilm Finepix F11, que j’ai testé grâce à JLB (toujours lui) qui en possède un. Pourquoi acheter une vieillerie de 6 Mpx ? Parce qu’il est vraiment compact, débrayable et de bonne qualité photographique.
Mais le même JLB me parle alors d’un tout nouveau Fujifilm, le Finepix F70EXR. Tellement nouveau qu’il n’y quasiment aucun test sur le web. Il faut donc se contenter des caractéristiques papier et de ses similitudes avec le F200EXR pour se faire une idée.
Et là, c’est du lourd ! Le F70EXR semble être en tout point ce que je cherche : vraiment compact, efficace et débrayable. Zoom 10x, mode manuel, P et Av, plages d’ISO automatiques à limitation, modes EXR automatique, hautes sensibilités et faible bruit, haute résolution, plage dynamique (récupération des zones claires).
Tout semble là pour me séduire. Mais point d’avis concret qui puisse confirmer ce bon a priori. A priori renforcé par le fait que j’ai eu un Fujifilm (mon premier appareil numérique, en 1998) qui était de très bonne facture.
Je décide donc de me jeter à l’eau et je l’achète. Il faut dire qu’à 200 euros environ (le faible prix est la cerise sur le gâteau), on ne peut qu’en avoir pour son argent, voire plus.
L’appareil est assez neutre en main, bien équilibré, mais il faudra prendre garde au doigt devant le flash (pour ceux qui l’utilisent). L’ensemble est de bonne facture et paraît assez solide. Les boutons et la molette de sélection des modes sont très agréables et ne font pas cheap du tout. Si ce n’est que le déclencheur présente un peu de jeu, mais aucune gêne à remarquer.
Il faudra prendre le temps de bien se plonger dans le mode d’emploi tant les modes sont nombreux. D’autant que pour chacun de ces modes, l’ensemble des réglages à disposition varient. Il faudra donc retenir ces caractéristiques si on veut repousser l’appareil dans ses retranchements.
Mais revenons sur les informations basiques : un grand angle de 27 mm, très agréable et délicieusement déformant, jusqu’au téléobjectif de 270 mm. Voilà qui laisse le choix dans le cadrage.

La photo de la tour Eiffel, ci-dessus, est prise dans le mode le plus basique : tout automatique. Alors que la scène n’est pas évidente à gérer : prise depuis le métro en mouvement, à travers la vitre, à bout de bras, avec un ciel de brouillard.Voilà pas mal de raisons de rater la photo par mauvaise mesure de la lumière, pose trop lente, mise au point sur la vitre, etc.
Comme vous pouvez le noter (photo légèrement recadrée ci-dessus et détail full définition ci-dessous) le F70EXR s’en sort très bien. Il choisit de lui-même une exposition de 1/340s à f/4,5, le tout à 200 ISO.
Je vous laisse vous faire votre opinion sur le piqué du cliché.

En ce qui concerne la photo ci-dessous, voici un de mes sujets de prédilection : la chatte Mouchka joue à quelques centimètres de moi, sur le canapé. Elle bouge dans tous les sens, il faut donc être rapide. Il est 23h, la pièce est assez sombre (pour la prise de vue) avec un chandelier à ampoules incandescentes à 3 mètres et la lumière très changeante diffusée par la télévision allumée. Flash interdit pour éviter que le félin aille se planquer à cause de l’aggression occulaire.
Là encore, le petit compact de Fujifilm s’en sort admirablement bien. Bien mieux que n’importe quel appareil que j’ai eu entre les mains jusqu’à présent. Comment se fait-il ? Le mode macro assure la bonne mise au point avec rapidité pour suivre l’action à 27 mm, le stabilisateur d’image évite avec brio le flou de bougé d’une pose de 1/4s à f/3,3. La sensibilité est calée à 800 ISO, le mode activé est EXR HR, soit priorité haute résolution (“convient pour les prises de vues de sujets détaillés”). Si la photo est légèrement floue, c’est certainement dû au fait que Mouchka était trop proche de l’objectif. Mais les couleurs de la photo, l’absence de bruit numérique disgracieux, donnent une photo très agréable d’un petit animal plein d’énergie à l’heure d’aller se coucher. Pour info, je n’ai pas recadré le cliché pour vous donner le résultat brut de décoffrage.

Encore un sujet que j’affectionne. En tout cas, que je prends assez souvent en photo pour pouvoir l’utiliser comme une référence de jugement pour les divers appareils qui passent entre mes mains.
Un détail de moteur de moto (ici, un carburateur), lumière naturelle, mise au point macro, retouche sous lightroom pour créer un léger effet crossprocess.
Là encore, l’appareil s’en sort bien, même si je remarque un léger bougé sur les lignes sombres en pleine résolution. Pour le reste, rien à dire !

Pour conclure, le Fujifilm Finepix F70EXR est de très bonne facture, au design simple et de bon goût, même s’il ne marquera pas l’histoire du design photographique, il propose des prestations photographiques de très très bonne qualité et excelle dans les situations périlleuses. Le mode EXR auto est particulièrement impressionnant : on pourrait presque parler d’un appareil “qui fait de belles photos”… tout seul. Ce mode n’est que légèrement bridé par une certaine lenteur dans le système de reconnaissance des visages. Un appareil qui, pour un budget “entrée de gamme” n’a pas à rougir face aux compacts experts tels que les G11, S90 et LX3.
On regrettera simplement un écran un peu léger en résolution (dommage pour ceux qui utilisent leur appareil photo pour le diaporama), l’absence de vidéo HD (absent également chez Canon) et un léger mou dans le déclencheur.
Mais je lui pardonne… car un compact aussi pratique et aussi efficace est, pour moi, un vrai Graal !
Très vite, vous pourrez trouver plus de photos sur le sujet dans mon flickr set F70EXR
Les prochaines fois, on passera en revue le VistaQuest VQ1005 (un véritable OVNI), le Lumix ZX1 et… le Canon EOS 7D.
EDIT : je confirme ce que j’ai pu lire sur le test de Les Numériques (qui n’était pas encore en ligne lorsque j’ai acheté l’appareil) : la batterie est un peu “légère” surtout si on utilise majoritairement le mode EXR auto.