Adieu, ma petite Mouchka

En ce premier dimanche de mars 2012, alors qu’on avait renoncé à un sortie au Jardin du Luxembourg pour cause de giboulées, elle se baladait de sa démarche féline rasant les murs du salon pour tenter de se lover dans un coin tranquille.
Je surveillais la scène presque inconsciemment, toujours un regard vigilant pour m’assurer que la petite chatte de 7 ans et demi ne tomberait pas dans une embuscade de sa nemesis, ma fille cadette de 2 ans.
C’est ce coup d’oeil qui m’a fait me précipiter vers Mouchka lorsque je l’ai vue bondir disgracieusement, comme si elle s’était coincé une griffe dans le rideau. Le miaulement accompagnant le bond soulignait que quelque chose n’était pas normal.
Un quart de seconde, le temps de me précipiter sur elle, je n’ai pu que constater un râle bref et soutenir son corps déjà sur le flanc qui, irrémédiablement, se détendait. Les pupilles se sont instantanément dilatées. Les pattes molles et inanimées. Je n’avais jamais vécu ou assisté à ce genre de scène, pourtant, je savais, je sentais, que c’était fini. Définitivement fini. Mouchka venait de mourir, dans mes bras.
Un accident vasculaire, me dira le vétérinaire, alors que je suis en train de signer le papier demandant son incinération. Une cause de décès courante chez le chat, paraît-il.
Mouchka, officiellement appelée Apple iCat, est restée à mes côté pendant quasiment 8 ans. Alors que le véto, chez qui je l’ai emmenée juste après que les pompiers aient récupéré cette petite boule de poils crottée sous le capot d’une voiture, en bas de chez moi, m’avait assuré que cette orpheline des rues ne passerait pas le mois.
Mouchka a été soignée et aimée. Biberons et médicaments, siestes interminables sur mon torse et promenades sur mon épaule, auront raison de ce début de vie difficile.
L’amour, elle me l’a bien rendu ! A sa manière de chat. Toujours là, pendant mes joies et mes peines. Elle a connu mes différentes copines, les connasses et les autres. Me récupérant en lambeaux quand il le fallait. Se contentant de câlins sans jamais une remontrance ou une leçon de bon sens.
Elle était là quand ma femme et sa fille sont arrivées dans ma vie. Me soutenant durant les nuits solitaires d’un début de relation qui se faisait à distance. Elle n’a pas fait de crise de jalousie quand de son maître solitaire et attentionné, elle a dû me partager et composer avec une famille empiétant sur son territoire de félin. Elle était là, lorsque la petite dernière est arrivée. Elle a, bien sûr, râlé lorsqu’elle a constaté qu’elle ne pourrait pas faire de sieste dans le lit du bébé, mais elle a compris et s’est contentée d’éviter le plus possible celle qui deviendra « la tireuse de poils et de queue ».
Je l’ai emmené chez le véto dans un panier. Elle semblait dormir. Paupière fermées. Enroulée. « Coucouche panier, papattes en rond ». Je n’arrivais pas à me faire à l’idée que j’allais la laisser là. Je la caressais sans relâche comme pour m’assurer que je me souviendrai éternellement de cette sensation. Son poil si souple et si doux. Ses oreilles si droites et la pointe de son menton.Son petit corps de 4 kilos et demi, ses toutes petites pattes qui lui permettaient les plus magnifiques acrobaties sans jamais casser quoi que ce soit, je savais que tout ça me manquerait.
A mon retour à la maison, c’est l’angoisse. Je n’arrive pas à imaginer qu’elle ne va pas bondir sur le canapé, filer furtivement vers la cuisine, tenter de rentrer discrètement dans la chambre interdite. Ma gorge se serre, mon estomac se noue, les larmes montent. Avant de me laisser envahir par le chagrin, je réconforte ma fille aînée qui est, tout autant que moi, renversée par cette situation.
Mouchka n’est plus là. Elle me manque déjà horriblement. L’encens brule déjà dans l’appartement et ses affaires vont rester à leur place exacte durant 3 jours, comme le souhaite ma femme, pour suivre les rites funéraires en vigueurs.
3 jours, c’est le temps qu’il faut à l’âme du défunt pour quitter les lieux et se réincarner.
Même si Mouchka ne va plus sauter sur mes épaules pour se frotter à ma chevelure, son âme est encore là pour quelques jours. Mouchka dont le comportement particulièrement étrange un 31 décembre avait précédé le coup de fil m’annonçant la mort de mon Grand-Père. Troublant.
Je ne vais pas prendre un autre chat.
Parce que c’est Mouchka qui va me manquer.
Je t’aime, ma chatte.
Désolé pour cette triste nouvelle…
La mort d’un animal de compagnie est toujours une épreuve et laisse un vide dans la vie de ses maîtres.
Évidemment ça paraît cliché de dire ça, et ça ne console pas tellement, mais au moins ça a été rapide, elle n’a pas agonisé des semaines entières…
Toute mes pensées t’accompagnent, ainsi que ta famille, en ces jours gris.
Merci beaucoup pour ton commentaire.
Même si la solitude est de mise en ces moments-là, chaque mot, chaque message, est un vrai soutien.
R.I.P Mouchka
Bon courage à toi
J’ai connu cela il y a quelques années de cela…
la peine est grande, on refuse de prendre un autre chat..mais on ne peut pas se passer de ces boules de poils
Arrivé sur ce blog il y a 20 minutes pour un article sur la photo et un canon … et je me retrouve ému par ton récit ! ça me rappel des souvenirs similaire et c’est toujours émouvant …
Qu’elle reste en paix,
Que vous restiez fort.
Merci beaucoup pour ce gentil commentaire.