Information vs. réflexion

Crédit photo Ivan Herman
Trouvé sur le site (québécois, il me semble) branchez-vous!, les résultats d’un sondage mené dans le cadre du cours «Fondations du journalisme» de l’Université de New-York, la célèbre NYU, auprès de 3000 étudiants qui indiquent que 1 étudiants sur 5 est prêt à abandonner son vote aux prochaines élections présidentielles américaines en échange d’un… iPod Touch; 50% pourraient se départir de leur droit de vote à vie contre un million de dollars, alors que 66% accepteraient le financement d’une année universitaire pour ne pas voter aux prochaines élections.
Il est intéressant d’ajouter que 60% des étudiants interrogés se disent venant d’un milieu aisé et 90% estiment, a contrario, que le droit de vote est “très important” ou “important”.
Il me paraît peu pertinent de prétexter la politique spectacle à l’Américaine, une culture hautement individualiste entamant sérieusement la conscience politique générale ou encore le patriotisme exacerbé qui fait qu’on est américain quoiqu’il se passe…
A mon avis, le problème est plus grave et ne se cantonne pas à la politique. Il en va de même avec la lutte contre le Sida ou la protection de l’environnement : Le message est connu, parce que martelé mais ce n’est pas pour autant que ce message se transforme en pratique.
Il est entendu qu’il faut avoir des rapports protégés pour lutter contre la propagation du Sida, mais dans les faits, la prise de risques a tendance à augmenter à nouveau.
Il est entendu qu’il faut agir pour économiser l’énergie, moins polluer, mais l’action dans ce sens est encore très faible.
Il est entendu qu’il faut exprimer sa voix au travers du vote, mais le désengagement politique s’avère très fort !
A notre époque, dans une société de profusion de l’information, j’ai le sentiment que, paradoxalement, la réflexion, la prise de recul et l’engagement de soi se font, relativement, rares.
La surinformation aurait-elle pour effet pervers d’annihiler la pensée ? Je commence à le penser sérieusement. J’ai le sentiment qu’on privilégie l’instantané, le scoop et le coup de gueule au détriment de la sagesse.
L’utilisation à outrance du live, d’outils comme Twitter donnent parfois lieu à des dérapages qui n’auraient pas existé avec du recul.

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De nos jours la pensée est mise de coté par les citoyens qui agissent plutôt dans la précipitation que dans la réflexion.
Pour ce qui est des personnes prêtes à échanger leur droit de vote, se sont sûrement des personnes se disant que leur voix n’est pas indispensable et ne changerait pas le résultat final, donc elles préfèrent obtenir un bien matériel en échange (nous vivons dans un monde assez matérialiste, ne l’oublions pas!)
Je ne suis ni pour une pensée de masse, ni pour un individualisme exacerbé.
Et cet article va certainement dans ce sens.
Il est important de profiter de la richesse de la richesse individuelle : les penseurs, scientifiques, créateurs, n’ont d’intérêt que s’ils peuvent se développer et s’exprimer.
Mais un certain nombre d’actions ne sont valables que si elles s’inscrivent dans une démarche collective. C’est le cas du vote, de l’acte écologique, qui n’ont de sens qu’inscrits dans une action globale. La question est donc comment être individuellement constructif et massivement actif… Il s’agit de faire cohabiter deux notions opposées : l’individualisme vs. collectivisme.
Un challenge que l’homme doit remporter pour l’avenir, à mon avis.