Failan

Failan

Failan, de Kim Ki-duk, commence comme un de ces films de mafieux râtés dont le cinéma du sud-est asiatique à le secret. Le personnage principal, particulièrement paumé, sort de prison et l’on découvre son univers de petit bandit allant de mauvaises arnaques en mauvaises filles. Lee Kang-jae, tel est son nom, n’arrive plus à se faire respecter dans ce milieu et décide de changer de vie : revenir au village et pêcher. Son rêve pourra devenir réalité s’il se dénonce pour le meurtre que son chef a commis. 10 années de prisons en échange d’un bateau de pêche, c’est le deal passé entre les 2 hommes.
Alors que Lee Kang-jae allait se dénoncer, la police lui annonce le décés de son épouse, Failan, une chinoise (jouée par la chanteuse Cecilia Cheung) immigrée en Corée. Ce mariage n’avait qu’un but, fournir des papiers à cette jeune fille afin qu’elle soit exploitée par la mafia. Lee Kang-jae ne la connaissait même pas.
S’en suit un voyage de deuil et un film qui devient poignant tant le jeu des acteurs et la photographie sont formidables. Ce film aborde le thème de l’erreur irréparable, de la détresse de celui qui d’erreurs en erreurs se trouvent submergé par une vie misérable et qui, ayant touché le fond tente de donner cette impulsion pour sortir la tête de l’eau.
Rien de surprenant que ce film ait accumulé les prix (Meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur au festival du film asiatique de Deauville 2002, prix Première du public), il s’agit d’une petite merveille du cinéma coréen qui fera vite oublier l’omniprésence des films d’horreurs et de combats, particulièrement populaires ces derniers temps dans ce que l’occident connait du cinéma extrême-oriental.

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