Moteur de recherche et mutations journalistiques

Dans L’Espresso de Télérama, la newsletter quotidienne du “journal culturel de la télévision”, de ce matin, il y avait un petit texte très intéressant évoquant le moteur de recherche comme facteur à prendre en compte dans la rédaction d’un article afin de s’assurer de la présence de mots-clés significatifs pour aiguiller l’internaute vers l’article en question.
Il est vrai que lorsque j’étais rédacteur d’un autre blog, le “titre significatif” était un mot d’ordre !
“Serait-ce la fin des titres chocs?” s’interroge l’auteur. Pour sûr en ce qui concerne ceux qui privilégient l’audience. Mais comme il s’agit de la fin de la prise de risque à la télévision. Le début (c’est pas nouveau) de l’uniformisation dans les médias qui jouent le jeu de l’audience facile.
A nous, et à nous seuls de savoir s’il faut privilégier l’audience, quitte à perdre (une partie de) son identité, ou ne pas se faire uniformiser suivant le bon vouloir d’un robot. D’autres préféreront le challenge d’écrire des titres chocs qui plaisent à Google.

Le texte en question:
“Lorsqu’il écrit un article, le journaliste consciencieux cherche d’abord à séduire son lecteur mais aussi le rédacteur en chef pointilleux qui relit sa copie. A l’ère de la presse en ligne, Steve Lohr pointe, dans les colonnes du New York Times, l’irruption d’un troisième larron : le programme informatique qui écume le web, analyse et classe les articles pour les faire remonter sur les moteurs de recherche comme Google, Yahoo et MSN. La tendance est au titre truffé de mots-clés basiques qui permettent de ratisser le plus large possible. Pour titrer un événement comme la mort de Gainsbourg, à « Gainsbourg point barre », préférez « L’interprète de “Dieu fumeur de havanes” et “Sea, sex and sun”, mentor de la comédienne Jane Birkin, est mort ». Quand les moteurs apportent en moyenne, aux Etats-Unis, 30 %, voire plus, de l’audience sur les sites de presse, la bataille du référencement est de taille. « Le problème, regrette Steve Lohr, c’est que ces logiciels ne sont pas des lecteurs ordinaires. Il n’y a pas d’algorithme pour reconnaître les jeux d’esprit, l’ironie, l’humour ou le style d’une écriture. » Serait-ce la fin des titres chocs ?”

Télérama

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